"FAT JEWELS", le fils qui n'a pu aller au bout de ses rêves.

Toute la vérité sur le cannabis ?

Toute la vérité sur le cannabis

A la demande de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, un rapport de l'Inserm* fait le point sur les effets du cannabis sur le comportement et la santé. Sujet de controverses infinies, ce document dresse le bilan des connaissances en la matière. Objectif affiché, dépassionner les débats en tordant le cou aux idées reçues.

"Je n'ai aucun tabou envers aucune substance. Je veux simplement savoir quels sont les effets du cannabis sur la santé, déterminer ce qui relève de la preuve ou du fantasme". C'est par ces mots que le Ministre de la Santé, Bernard Kouchner, justifiait le 22 novembre sa demande à l'Inserm d'une expertise collective des effets du cannabis sur le comportement et la santé.

Des consommateurs adolescents

Les jeunes en France goûtent au cannabis à partir de l'âge de 15 ans en moyenne, essentiellement sous forme d'herbe, mélange de feuilles, de tiges et de sommités florales, ou de résine, le haschich. S'ils étaient 12 % en 1993 à avoir fumé au moins une fois dans leur vie, ce sont 35 % des jeunes gens de 15-16 ans qui ont essayé en 1999. Et à 19 ans, ils sont plus de 60 % à avoir fumé "expérimentalement" ! Autre chiffre étonnant, un jeune sur 6 a dans les derniers mois fumé 20 joints et plus.

La consommation de cannabis varie selon l'âge (elle diminue à partir de 25 ans) et selon le sexe : les garçons fument davantage que les filles. Enfin, les relations avec les pairs, l'ambiance familiale et les performances scolaires déterminent le niveau de consommation et les addictions associées, tabac, alcool… 5,5 % des jeunes de 15 à 19 ans qui ont expérimenté du cannabis ont aussi consommé une autre substance illicite : cocaïne, héroïne, amphétamines…

Les effets immédiats d'une consommation isolée

Le cannabis a des effets, réversibles, sur le psychisme pendant 2 à 10 heures, une durée qui est fonction de la sensibilité de chacun et de la dose consommée. Il est à l'origine d'une ivresse cannabique, caractérisée par une somnolence, une euphorie et une sensation de bien-être. Cet état s'accompagne d'une incapacité à remplir des tâches complexes, de troubles de la mémoire immédiate…

Puis pour une consommation plus forte, apparaissent des difficultés de langage et de la coordination motrice, parfois des attaques de panique ou des angoisses de dépersonnalisation, voire, exceptionnellement, une psychose cannabique avec des bouffées délirantes. Aucun cas de décès consécutif à la prise isolée de cannabis n'a jamais été rapporté.

Les effets d'une consommation répétée et régulière

Un phénomène de tolérance est observé, ce qui signifie que les consommateurs ont besoin de fumer de plus gros joints pour obtenir l'effet recherché. Et le risque de dépendance au cannabis est élevé, un peu plus de 30 %, dans la tranche d'âge des 15-24 ans qui fument du tabac.

La mémoire à court terme est altérée pour des consommations intensives, toujours de façon réversible. Par ailleurs, le cannabis en lui-même n'est pas cancérigène. Par contre, les goudrons présents dans la fumée d'une cigarette de cannabis y sont en plus grande quantité que dans le tabac et leur concentration en produits cancérigènes est aussi plus élevée. Le cannabis, par l'un de ses principaux cannabinoïdes, serait un facteur de risque pour la survenue de cancers bronchiques et des voies aéro-digestives supérieures (bouche, pharynx, oesophage et larynx).

Dr Brigitte Blond

* Institut national de la Santé et de la Recherche médicale

 

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Toute la vérité sur le cannabis ?

toujours difficile de dire la vérité mais il y a des sujets plus difficiles encore, où l'on n'ose dire autre chose que ce qu'on doit dire (il y a même des lois qui voudraient nous interdire de dire la vérité !). C'est un peu comme lorsque la pédophilie a pris soudain la place du mal absolu dans l'imaginaire social, au point que certains aient pu s'imaginer investis d'une mission, assez en tout cas pour en prendre à leur aise avec la vérité, jusqu'au premier scandale judiciaire... Chaque fois que la vérité est bafouée et qu'on hurle avec les loups, on fait plus que s'en mordre les doigts. Vérifier les faits ne relève pas d'une complaisance coupable, c'est le préalable à toute prétention de juger.

Mais sur le sujet des drogues c'est encore plus difficile car c'est un sujet plein de contradictions (puisque toute drogue est à la fois remède et poison) ! Dès lors, au lieu de faire la part des choses, on se retrouve d'ordinaire avec des discours simplistes qui s'affrontent, entre partisans qui ne voient que des avantages (il y en a) et les adversaires qui ne voient que les dégâts (il y en a aussi). Ce n'est pas comme cela qu'on peut faire une politique efficace de réduction des risques et dans l'état actuel ça mène plutôt au pire (par rapport aux autres pays beaucoup moins répressifs et plus réalistes).

Disons-le tout de suite : le cannabis (le chanvre) est la moins dangereuse des drogues, ce qui n'est pas rien au vu des ravages de l'alcool notamment, mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas une drogue, ni qu'elle n'a aucun dangers. Cette journée du "18 Joint" m'a semblé l'occasion d'une mise au point, nécessaire après une récente campagne médiatique et des contre-preuves aussi insatisfaisantes les unes que les autres !

On a vu, en effet, "60 millions de consommateurs" publier une étude qu'on peut juger irresponsable puisqu'elle concluait que "la fumée de cannabis contient sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone que celle du tabac", or, s'il n'y a rien de neuf là-dedans, il est faux que le tabac soit moins dangereux que le cannabis même s'il contient moins de goudrons ! C'est ce qu'on sait depuis longtemps par l'épidémiologie, et qu'on vient de vérifier encore une fois : le tabac est la principale cause de cancer, et de loin. De toutes façons, en général, on sait tout sur les effets du chanvre car c'est une plante consommée depuis toujours. Il est donc consternant de voir sortir de pareilles études, mais il faut dire que le domaine pharmaceutique et médical est encombré de ces fausses nouvelles et d'expériences mal menées dont on tire des conclusions hâtives. Ce qui est bien établi, c'est que le tabac est particulièrement cancérigène (il fragilise la protéine p53, principal agent anti-mutations) alors que le cannabis possède un certain effet anti-cancéreux (au niveau des poumons et du cerveau au moins). Ce n'est donc pas comparable et il faudrait inciter les fumeurs de chanvre à ne pas mélanger l'herbe avec le tabac plutôt que le contraire !

D'après Washington Post et MSNBC (6 juin 2006), le cannabis n'accroît pas les risques de cancer du poumon :

Une consommation importante et prolongée de cannabis ne semble pas entraîner de risque plus élevé de souffrir de cancer du poumon, concluent des chercheurs californiens.

Leurs conclusions se basent sur une étude épidémiologique de plus de 1 200 personnes de moins de 60 ans, dont environ la moitié souffrait d'un cancer du poumon, ou d'un cancer au cou ou à la tête. À leur grande surprise, admettent les scientifiques, les données recueillies révèlent que la consommation de cannabis n'accroît pas le risque de souffrir du cancer.

La surprise des chercheurs découle en partie du fait que la teneur en substances cancérogènes du cannabis est déjà bien documentée. Le goudron de cannabis contient, par exemple, jusqu'à 50 % plus de produits chimiques cancérogènes que le goudron de tabac.

Aussi, les fumeurs de cannabis ont tendance à inhaler plus profondément et à retenir leur souffle plus longtemps que les fumeurs de tabac, ce qui devrait, du moins en théorie, les rendre encore plus vulnérables à ses effets nocifs. En effet, selon le chercheur principal, le Dr Donald Tashkin, davantage de particules fines pénètrent alors dans les poumons.

Le Dr Donald Tashkin et son équipe de l'Université de la Californie, à Los Angeles, croient que cette absence de lien entre la consommation de cannabis et le cancer du poumon tient peut-être au THC, la substance active du cannabis. Le THC inciterait potentiellement les cellules âgées à mourir, réduisant les risques qu'elles ne deviennent cancéreuses.

Les résultats de cette étude ne sont pas encore publiés : ils ont été présentés au cours d'une conférence internationale de la Société thoracique américaine. Mais ils suscitent déjà l'intérêt des experts.

C'est une excellente chose de rétablir la vérité et de faire baisser la parano mise par le gouvernement et les médias. On peut considérer cependant qu'il est tout aussi irresponsable d'en rester là, comme si fumer du cannabis protégeait du cancer, ce qui est un peu gros tout de même, car il n'y a pas que le cancer du poumon (Bob Marley a eu un cancer au pied!). Moins on fume mieux c'est, c'est certain ! Fumer n'est pas bon pour la santé, ne serait-ce qu'à cause du monoxyde de carbone, surtout sur le long terme. Inutile d'aller imaginer des maladies imaginaires quand il y a des menaces bien réelles dont il faut informer les consommateurs. En dehors de cancers de la gorge, avérés semble-t-il chez les -35 ans, à cause d'une fumée bien plus chaude que celle du tabac (et dont la pipe à eau réduit le risque sans doute, c'est controversé, mais il faut au moins aspirer de l'air froid en même temps), il y a aussi des bronchopneumopathies chroniques (moins que le tabac) et des possibles problèmes circulatoires, dont l'artérite du cannabis qui était bien connue de la médecine coloniale d'antan (et pourtant très sous-estimée actuellement[1]). On pourrait éviter une bonne part de ces pathologies en mangeant le chanvre plutôt que de le fumer, mais, outre que ce n'est pas tout-à-fait équivalent, là encore, il ne faut pas se faire trop d'illusions, on ne peut éviter des effets indésirables, à la longue, notamment les problèmes de circulation sanguine et surtout la fragilisation de l'humeur qui peut être assez sévère (et s'aggrave avec l'âge mais tout cela ne concerne pas les fumeurs occasionnels, il faut normalement des années de consommation quotidienne!).

En effet, il faut savoir que le rôle des récepteurs du cannabis dans le cerveau est de réduire les signaux répétitifs (ce qu'on appelle l'inhibition rétrograde), ce sont des limiteurs de stress si l'on veut, d'où l'effet relaxant d'un joint. Seulement cela veut dire aussi qu'on perturbe cette régulation et qu'on répondra moins bien à un stress ensuite. C'est le mécanisme général de la dépendance, c'est-à-dire de l'habituation, de l'adaptation des régulations internes à l'apport externe, tout comme on a du mal à s'habituer à l'air raréfié des hautes montagnes (c'est le mécanisme de base de l'homéostasie, de la régulation biologique). Ce n'est pas une dépendance aussi impérative que les autres drogues, qui ne se révèle qu'en réaction au stress et qui demande beaucoup plus de temps pour s'installer, mais elle est indéniable après un usage prolongé (c'est ce qui fait que les gros fumeurs sont souvent hyperactifs!). Il faut dès lors un effort qu'on peut trouver parfois surhumain pour s'en dégager, même si la plupart du temps, on peut s'en passer sans problème. La perturbation de l'humeur finit malgré tout par être importante au fil des années, affaiblissant nos résistances (colères, dépressions suicidaires, angoisses ou simple fragilité affective). Cette perturbation de l'humeur peut de plus être dramatiquement amplifiée par des déséquilibres métaboliques comme des candidoses chroniques que le cannabis semble bien favoriser (il faut le savoir pour s'en prémunir).

Parmi les autres dangers du cannabis, il est aussi certain qu'on peut compter les accidents de la route quoiqu'en disent les fumeurs et même si, cette fois, c'est par rapport à l'alcool qu'il apparaît beaucoup moins dangereux. Il y a moins de morts avec le chanvre mais à l'évidence il faudrait éviter de rouler bourré ! Un des plus grands dangers, c'est de rester fasciné par un panneau ou un détail du paysage. L'instant d'inattention peut être fatal, heureusement pas tout le temps ! Sur le rôle de déclencheur de psychoses qu'on attribut aux premiers joints, je serais plus circonspect car on ne peut nier le phénomène malgré sa rareté, mais il semble difficile d'y voir autre chose qu'un événement déclenchant qui n'est pas déterminant en soi (une psychose n'est pas causée par un produit mais par une structure psychique ou un déséquilibre neurologique plus durable). Je conteste par contre les dommages cognitifs (j'y vois plutôt une nette amélioration dans la capacité d'établir des relations mais il est évident que fumer n'est pas favorable à un travail minutieux), les effets à long terme sur la mémoire étant à relativiser même si l'effet à court terme est bien connu. Les autres symptômes dit amotivationnels ou de repli sur soi sont réels mais réversibles, ce n'est pas l'essentiel. Enfin, le fait qu'on soit poussé à consommer plus de sucre ne serait pas si innocent qu'il semble (mais les méfaits du sucre ne sont pas encore assez reconnus et, en contrepartie, il permet de baisser la glycémie...).

Pour beaucoup (pour tous les ivrognes qui ne fument pas de cannabis en général), la messe est dite, c'est une substance nuisible ! Pas de chez nous en plus ! C'est pourtant une bêtise et pas seulement parce que nos colonies ont fini par nous rattraper, mais parce que cela reste la moins mauvaise des drogues et qu'elle n'est pas dépourvue de vertus. Elle fait même partie des quelques rares "panacées" (avec le "ginseng panax" ou la sauge) qui soulagent de tous les maux ou presque (réellement même s'il ne faut pas en attendre des miracles). Pour toutes sortes de malaises c'est un des meilleurs remèdes (mal au coeur, nervosité, certaines douleurs, insomnie, tristesse, ennuie...). C'est aussi un excellent aphrodisiaque. On lui trouve de multiples applications médicales (sclérose en plaque, cancer du cerveau, glaucome, pertes d'appétit, etc.) même si les premiers médicaments dérivés ne sont pas encore très concluants.

On peut penser qu'il est injuste qu'un bon produit puisse aussi nous faire du mal et entraîner (une minorité) dans la toxicomanie, mais c'est le cas pour tout remède (pharmacos en grec) qui peut être aussi poison, tout est dans la dose ! Ce n'est d'ailleurs pas le problème des drogues seulement, c'est le problème de la vie elle-même et de tout ce qu'on aime un peu trop, que ce soit la nourriture (le chocolat pour certains), la télévision, le jeu, le sexe, l'amour, le travail même... Beaucoup ne voyant que le mal (alors que là c'est le bien qui fait mal) voudraient interdire toutes les drogues. Ce n'est pas très nouveau (depuis Zarathoustra!) et l'on a gardé le souvenir de la prohibition américaine assez pour savoir que c'est pire encore, que cela nourrit le crime et produit plus d'alcooliques, avec des risques aggravés et une corruption généralisée. La tragédie d'Euripide "Les Bacchantes" racontait déjà la punition de celui qui avait voulu interdire le délire sacré. Héraclite y voyait notre part d'ombre et Platon, qui commence son dernier dialogue (Les Lois) par une étonnante défense des beuveries, en fait l'indispensable apprentissage de la maîtrise de soi et le miroir de l'âme (in vino veritas).

Les drogues n'ont pas que des mauvais côtés, elles remplissent même des fonction essentielles, au point qu'il n'y a pas de société humaine sans drogues. Il paraît même que notre sensibilité aux drogues fait partie des rares différences génétiques que nous avons avec les chimpanzés. C'est un fait qu'il n'y a pas de fêtes sans drogues et sans bonnes cuites. On y recourt souvent dans les guerres, dans le travail (du moins dans le travail de force à coup de gros rouge), etc. Les psychostimulants agissent comme des neurotransmetteurs sociaux égalisant l'humeur d'une compagnie devenue plus sociable. Le caractère décisif pour notre évolution n'est peut-être pas là pourtant mais plutôt dans son usage "psychédélique" de libération de l'imaginaire, dans le chamanisme, les rituels, la divination mais surtout dans l'innovation sans doute (comme aujourd'hui dans la créativité). Le détachement du contexte est essentiel, le "dérèglement de tous les sens", la modification de la perception qui permet de percevoir le système de perception lui-même, de l'éprouver (Are you experienced ?). Il semble difficile de s'en passer pour penser, comme le savaient déjà les Perses d'après Hérodote, tant notre pensée est conformiste d'ordinaire. Impossible d'en lister tous les autres usages intriqués à chaque moment crucial de notre vie (dans le mariage par exemple où l'ivresse vise à faire obstacle à sa consommation!). Il serait bien fou de prétendre tirer un trait sur tout cela, mais le coût n'en est pas négligeable pour autant, manifestant toute son ambivalence et le caractère contradictoire de l'existence.

La question des drogues, et du cannabis en particulier, est une question risquée, mais ce n'est pas une question folklorique pour autant, et qu'il faudrait prendre à la légère ou bien en faire un simple enjeu électoral alors que cela devrait être une question de santé publique et de pacification sociale (le trafic illégal nourrit la violence). C'est une question fondamentale qui met en jeu notre être-ensemble, notre convivialité et notre communauté politique, voire la crédibilité de l'ordre établi. Il faut se rendre compte de la contre-productivité des lois actuelles, faites pour ne pas être appliquées. La répression de la moins dangereuse des drogues est bien criminelle (et pousse au crime). C'est une absurdité de faire des lois inapplicables ne servant qu'à culpabiliser les citoyens et les livrer à l'arbitraire policier. Ce n'est pas qu'il n'y ait aucun problème, mais qui veut faire l'ange fait la bête ! Il convient d'essayer de faire, autant que possible, toute la vérité sur le sujet pour une véritable politique de réduction des risques, pour des êtres humains comme nous, avec toutes leurs faiblesses, loin des fantasmes fascisants d'une société purifiée tout comme de l'angélisme libertaire. Que chacun puisse gérer ses dépendances en toute connaissance de cause de risques bien réels, que ce soit pour le chanvre, le tabac ou l'alcool.

Il vaudrait mieux s'en passer sans doute, tant qu'on peut, mais tout dépend de ce qu'on en fait. On ne peut dire que le jeu n'en vaut pas la chandelle, même à en mourir. Cela dépend au moins des circonstances et du jeu qu'il faudrait jouer pour accepter de vivre sans. On peut d'ailleurs penser qu'en aidant à vivre ces béquilles chimiques puissent aussi prolonger l'existence d'un certain nombre. De toutes façons, l'idéal de la vie ne peut être de ne prendre aucun risque, du moins il faut les connaître et ne pas s'imaginer qu'on n'aura jamais que les bons côtés (un positif sans négatif). Rien de pire que de nier les faits.

Justifiant à l'avance son suicide dans son dernier téléfilm, Guy Debord, alcoolique notoire, et qui n'aimait pas les drogués (!), écrivait de sa douloureuse polynévrite qui le poussait à en finir : "C'est le contraire de la maladie que l'on peut contracter par une regrettable imprudence. Il y faut au contraire la fidèle obstination de toute une vie". Rien ne sert des regrets une fois la fin venue ! "Nous savons donner notre vie toute entière tous les jours" (Rimbaud, Matinée d'ivresse).

Notes

[1] Sans vouloir gonfler un problème qui ne concerne a priori qu'un très petit nombre de gros fumeurs, la méconnaissance générale de l'action du cannabis sur la circulation m'a incité à rajouter une note à ce sujet : Pour ce que j'en ai compris, l'artérite du cannabis est très semblable à l'artérite du tabac (analogue à la maladie de Buerger ou à celle de Horton ou encore la "pseudopolyarthrite"). C'est une inflammation des artères, sous l'effet vasoconstricteur du THC (ou du rôle du cannabis dans l'inflammation?), ce qui peut boucher les petits vaisseaux, réduisant l'irrigation sanguine. Le risque le plus grave lorsque ce n'est pas diagnostiqué à temps c'est l'amputation ! Plus ordinairement, cela se traduit par une insuffisance cardiaque à cause d'une mauvaise irrigation du coeur ("ischémie myocardique", il faut savoir que l'action anti-cancer du cannabis est due au fait qu'il détruit les vaisseaux sanguins irriguant les tumeurs! D'un autre côté il provoque une vasodilatation dans d'autres organes, provoquant ainsi une conjonctivite injectée qui donne les "yeux rouges"). Les premiers signes d'une inflammation des artères peuvent être une sensibilité du cuir chevelu et du front, des fourmillements dans les membres et des crampes ou une "claudication", des maux de tête au niveau des tempes et des étourdissements, une mâchoire douloureuse, une vision troublée, des problèmes d'audition, un mal de gorge persistant, des raideurs surtout au niveau du cou et des épaules, fatigue voire fièvre, etc. Symptômes bien ordinaires qui n'ont rien de spécifique et peuvent être simplement le signe d'une mauvaise circulation (ou d'autre chose). Des tests sanguins sont nécessaires pour confirmer (ou non) le diagnostic. Le traitement consiste en général en corticoïdes (ce qui n'est pas sans dangers) et implique l'arrêt du cannabis et du tabac. La consommation de café associée habituellement au cannabis n'est sans doute pas recommandable dans ce cas. L'exercice et les plantes comme le ginkgo biloba ou l'ail pourraient peut-être aider à prévenir ces effets indésirables (qui ne concernent, je le rappelle, qu'un petit pourcentage de fumeurs réguliers et sont la plupart du temps sans grandes conséquences) ? En contrepartie il faut dire que le cannabis a un effet hypotenseur et qu'à très petite dose il constitue même un excellent anti-inflammatoire !

Commentaires

1. Le dimanche 18 juin 2006 à 15:37, par Céleste

Très bonne mise au point, merci.

2. Le dimanche 18 juin 2006 à 17:00, par Koui

Voila des propos rationnels et modérés sur un sujet ou nous sommes plutot habitués à des discours totalement déconnéctés des faits.

3. Le dimanche 18 juin 2006 à 17:34, par regliss

comment fait-on pour arrêter de fumer du cannabis, comme avec le tabac...?

4. Le dimanche 18 juin 2006 à 19:22, par sable

une des conséquence de la politique actuelle des drogues serait également de basculer massivement de l'usage du cannabis vers des drogues plus durs (cocaine, extasy, ...)car mon détectable par la police ( les chiens surtout). il semblerait que les jeunes en face plus massivement l'éperience sans avoir été informer des réelles dangers . l'éducation nationnale à aussi sa part de responsabilité , à l'heure où le cannabis est entréé massivement dans les collèges (plus seulement au lycée ) .

5. Le lundi 19 juin 2006 à 02:35, par val

Merci ! Merci beaucoup pour cet article !
Oui, le cannabis est une drogue, avec ses phénomènes de dépendances et d'altérations physiologiques, mais c'est aussi une plante médicinale trop souvent décriée : j'ai utlisé le cannabis pour me soigner, et avec d'excellents résultats. Il m'arrive encore parfois de l'utiliser
J'étais dépressive, anorexique et insomniaque, avec des dysménorrhées atroces, les anti-dépresseurs me rendaient bête ou hagarde, les somnifères me donnaient l'impression d'avoir passé la nuit dans une tempête, me réveillant mal, et de fort mauvaise humeur, les anti-douleurs ne me soulageaint que quelques heures, et rarement de manière tangible.
Une utilisation disciplinée de ce produit m'a permis de soigner ces troubles, non pas en les éliminant, mais en me permettant de ne plus ressentir la souffrance qui les accompagne, ce qui m'a permis de prendre du recul et travailler correctement en thérapie, et d'aller au bout des choses.
Et quelle joie d'avoir faim de nouveau, moi qui n'avais plus eu faim depuis des années ! Et quelle joie d'avoir envie d'aller dormir, moi qui résistait tant que je pouvais, enchainant les nuits blanches ! Et quel soulagement de ne plus avoir peur chaque mois du renouveau du cycle !
Evidemment il y avait un risque, que je n'ignorais pas puisque je connais une personne schizophrène des suites de cette consommation. Je ne me permettrais donc pas de recommander cette voie à qui que ce soit.
Mais sans cette plante, j'ignore où je serais maintenant.

@regliss : j'ai arrêté d'un coup. Le moment le plus difficile pour moi, contrairement à la cigarette, est arrivé après trois semaines, mais il a été, pour moi, bien plus facile à gérer que le sevrage du tabac. Mais il n'y a pas de recette miracle et on est tous différents.

6. Le lundi 19 juin 2006 à 05:41, par Stripthis

> les effets sur la mémoire étant à relativiser

Cela aurai tendance à dégrader surtout la mémoire a court terme. Mais pareil, avec de l'entrainement...

Merde, où j'ai mis mes clefs ?

7. Le lundi 19 juin 2006 à 11:17, par Jean Zin

Il est certain que fumer affecte la mémoire à court terme, c'est même une partie de son intérêt puisque "penser c'est perdre le fil" (Valéry, M. Teste), pour le reste la mémoire c'est effectivement un muscle, il faut l'exercer pour la maintenir.

Il est aussi important de souligner que la répression contre les drogues naturelles, connues depuis des millénaires, profite aux drogues chimiques beaucoup plus nocives mais qui n'ont pas besoin d'être plantées en terre et sont faciles à produire clandestinement.

Pour savoir comment arrêter de fumer du cannabis, je ne suis certainement pas le mieux placé pour donner des conseils mais voilà du moins ce que je peux en dire :

- D'abord ce qui compte c'est surtout la résolution d'arrêter. Cela peut être suffisant avec le cannabis, même si c'est un peu dur. On peut aussi vouloir faire une simple pause, toujours bénéfique.

- Il me semble qu'il est tout de même plus facile de réduire d'abord sa consommation pour minimiser l'effet de "manque".

- L'environnement compte beaucoup, des occupations de groupe sont ce qu'il y a de mieux sans doute ainsi qu'un changement de contexte (minimisant le stress).

- Plantes et médicaments peuvent aider et ne sont pas à négliger. Le sommeil risque d'être difficile, ne pas hésiter à prendre des somnifères les premiers jours (valériane ou Phénergan). Des calmants peuvent être utiles (mélisse). Sinon, ce n'est effectivement pas si différent de l'arrêt du tabac même si c'est un peu moins dur. Une étude récente a montré que les patchs à la nicotine ne sont pas très utiles. Des anti-dépresseurs comme le Zyban (ou des IMAO) sont plus utiles, sauf que l'arrêt du traitement peut être aussi difficile que d'arrêter de fumer... Ce sont des produits qui ne sont pas évidents à manipuler. En tout cas il semble que, non seulement on puisse se passer facilement de cannabis lorsqu'on a plus de dopamine mais fumer ne fait presque plus d'effets dans ce cas (le cannabis endogène étant produit en fonction du niveau de dopamine, entre autres quand on fait de l'exercice). Le millepertuis peut remplir cette fonction (intéressant surtout parce qu'il apporte de la mélatonine, comme le cannabis ou la partenelle) mais cela dépend des gens. Enfin il ne faut pas négliger des produits comme le kudzu agissant au niveau de l'estomac et réduisant la nervosité.

A noter que les
symptômes les plus courants des 4 premiers jours de sevrage qui sont normalement les plus durs (temps de "demi-vie" du cannabis) seraient la fatigue (28%), l'envie de dormir (24%), un ralentissement psychomoteur (21%) et l'anxiété (16%).

Encore une fois, je ne me considère pas comme compétent là-dessus, ce ne sont que quelques suggestions...

8. Le lundi 19 juin 2006 à 14:01, par Ben

Bonjour,

Je suis parti dans un pays (le Japon) où fumer -pour un étranger- était
un luxe que je ne pouvais me permettre au niveau de la répression.
J'avais donc pris, en partant la ferme résolution d'arrêter. (j'étais un
gros consommateur, fumant tous les jours au moins 4 ou 5 joints)
Je l'ai tenue, sans difficulté à part pour trouver le sommeil (revenant
au point où j'en étais avant de me mettre à fumer).
J'ai légèrement compensé par une augmentation de ma consommation
d'alcool et de nourriture.
Depuis mon retour en France, ma consommation d'alcool à baissé à
nouveau, retrouvant un niveau "de convivialité", et ma consommation
de cannabis a repris à un rythme faible (quelques joints par semaine).
Néanmoins, j'ai commencé à fumer à l'age de 19 ans, ce qui est
assez agé en comparaison de ce qui se fait pour beaucoup: il
semblerait donc que mon mécanisme de dépendance soit assez
faible.
Des fumeurs que je connais qui ont commencé très jeune (12 ans pour
l'un, 13 pour un autre et 15 pour un dernier) m'ont tous parlé de
problèmes de dépendance lorsqu'ils ont envisagé d'arrêter. Ils n'ont
pas réussi, et angoissent s'ils ne fument pas.
Je suppose que dans ces cas-là, une aide est nécessaire.

Merci pour ce point de vue intéressant et responsable. Le mien sera
pauvre en comparaison, mais en conséquence d'expériences vécues
et racontées, tant d'un point de vue personnel que sociétal, je
suis pour ma part pour une légalisation totale du cannabis pour les
majeurs avec (et même: dans le but d'obtenir une) interdiction réelle pour les mineurs, le tout, bien entendu, avec beaucoup d'informations sur les risques encourus.

9. Le mardi 20 juin 2006 à 09:05, par jym


Cet article est excellent.
Je me permets d'ajouter que le chanvre - qu'on appelle zamal à la Réunion, une variété très riche en THC - peut aussi se consommer en infusion. L'utilisation en est si répandue dans la société réunionnaise qu'aucune interdiction n'a jusqu'à ce jour produit le moindre effet. Je ne sais pas comment ça se passe en Métropole, mais tout créole peut avoir deux plants de zamal dans sa cours : vous devez connaître cet arbre il peut atteindre jusqu'à trois mètres avant d'être coupé.
Le zamal faisant partie de la tradition familiale (mon père, mon grand père etc...) en fumaient régulièrement, on a un peu de mal à saisir le lien entre son usage et la multiplication des risques de cancer, personne n'ayant eu de cancer de la gorge ou du pied dans les environs.
Pourquoi est-il question de s'arrêter ? (je pose la question en toute sincérité)

10. Le mardi 20 juin 2006 à 12:20, par Hodja

Merci pour cet article...

"pourquoi s'arreter ?"

Tout dépends des objectifs que tu te fixes dans ta vie et de leurs compatibilité avec ta consommation de cannabis...
Cette consommation reste quand même une dépendance que tu peux avoir décidé de vaincre ou d'apprivoiser (ces vieux démons...)
Pour ma part je me suis souvent demandé si j'avais pas commencé en esperant trouver la force d'en sortir... (le vrai sens de l' experience attendue ?)

11. Le mardi 20 juin 2006 à 18:12, par FreedomSpirit

Bravo et merci pour cet article. Ca fais vraiment plaisir de voir qu'il à encore des personnes qui font la part des choses.

C'est ce genre de chose qu'il manque désesperement aux médias. Et c'est ce manque qui fait que les médias sont devenu ce qu'ils sont aujourd'hui.

Ce manque que l'ont retrouve aussi dans la politique, et qui la transforme en politique-média.

Je tenais à vous encouragé à continuer ce genre de démarche.

Bonne chance à vous !

12. Le mardi 20 juin 2006 à 18:26, par Jean Zin

Si j'ai essayé de répondre à la question de comment arrêter de fumer, c'est qu'on m'avait posé la question ! Sinon, il me semble avoir dit clairement qu'il pouvait être justifié d'en prendre, à condition d'en reconnaître les risques. Ce à quoi je m'oppose, c'est aux discours simplistes qui prétendent soit qu'il faut l'interdire, soit qu'il n'y a aucun problème (aucune justification de s'arrêter). Il faudrait sortir des discours manichéens comme ceux du ministre de l'intérieur qui ne veut pas comprendre qu'il peut y avoir des drogues plus douces que d'autres. Introduire un peu de dialectique est indispensable.

Il y a de nombreuses situations où il peut être souhaitable d'arrêter : pour celui qui en prend tous les jours c'est une manifestation d'indépendance, une confrontation avec ses limites qui a sa nécessité (et sa difficulté). Il y a bien sûr les raisons médicales qu'il ne faut pas nier même si cela n'a rien à voir avec les ravages des autres drogues mais on a tous des constitutions différentes, plus ou moins solides et il ne faut pas juger le monde à l'aune de la grande santé. Il y a bien d'autres raisons valables dont la moins bonne sans doute serait de vouloir se passer de toute drogue pour toujours !

Il faut distinguer les usages ordinaires des drogues (comme l'alcool), usages qui restent relativement maîtrisés, d'une véritable toxicomanie qui peut concerner une drogue douce mais aussi le jeu, etc. Ce n'est pas le produit qui est en question. En général on perd la maîtrise de ses consommations à l'occasion d'une situation plus ou moins stressante ou dramatique (séparation, chômage, échec, etc.) qui amène à augmenter les doses et multiplier les prises. On peut ainsi tomber dans l'alcool. Avec le chanvre c'est beaucoup moins grave surtout qu'au-delà de 4 joints par jour cela ne fait plus guère d'effet. Il n'empêche qu'on peut être accroc à l'herbe même si c'est relativement exceptionnel (de même que les alcooliques sont très minoritaires par rapport à la situation générale). On pourrait se dire qu'il vaut mieux ne pas se mettre à fumer pour ne pas prendre le risque d'en être accroc un jour, mais le risque alors c'est de recourir à l'alcool en cas de coup dur, ce qui est bien pire pour la santé...

Enfin il est certain que la politique débile actuelle favorise la perte de toute barrière d'âge et qu'il ne faudrait pas en prendre avant l'adolescence (la baisse du niveau de mélatonine qui déclenche la maturation sexuelle). Attendre 18 ans est sûrement souhaitable, en tout cas éviter autant que possible avant 16 ans (des viticulteurs ici donnent du vin à leurs fils bien plus tôt), mais on ne peut s'étonner de l'usage des stupéfiants pendant l'adolescence, ce qui a toujours fait partie de l'initiation et de la découverte de soi.

Il est difficile de garder la nuance, la complexité des choses et des gens. Il est bien difficile d'essayer de dire la vérité sans trop la déformer et je ne suis pas sûr d'y être arrivé. On peut toujours penser que je suis un peu trop affirmatif ou partial dans telle ou telle formulation. Il vaut mieux reconnaître la difficulté à cerner la question dans toutes ses subtilités plutôt que de s'enfermer dans des certitudes. Ne pas être trop sûr de tout savoir d'avance : un peu d'ignorance et de dialectique sont bien nécessaires pour être un peu plus fraternels et reconnaître toutes nos faiblesses si humaines...

13. Le mercredi 21 juin 2006 à 02:10, par Quanthomme

Bonjour

Il serait intéressant d'avoir un même article sur l'Ayahuasca...

En une prise on fait trois ans de thérapie, c'est mieux que le Prozac non ?

14. Le mercredi 21 juin 2006 à 09:27, par Nicolas Voisin

excellente analyse et mise au point sans doute nécessaire. Billet relayé.

mais quid des nouveau et bientôt généralisés tests sur les routes qui eux pourraient rendre impossible toute consommation, même occasionnelle (puisque ceux-ci font remonter la consommation délictueuse à plusieurs jours voir plusieurs semaines) ? A trop vouloir "controler" l'on créé des lois liberticides. Il y a là un cas d'école...

15. Le jeudi 22 juin 2006 à 11:24, par Jean Zin

Il est exact que les tests actuels sont inadaptés. On pourrait penser qu'ils puissent juste servir d'indicateurs préalables qui devraient être suivis de tests des capacités de réaction pour déterminer si le contrevenant est effectivement sous l'influence de l'intoxication...

16. Le lundi 26 juin 2006 à 17:31, par Paul

Deux questions on subsister suite à la lecture de votre article dont, et je vous en remercie, la précision et la seinsérité (qui se fait rare dans l'abord de ce sujet) mon ouvert les yeux sur plusieurs aspects. Mes question sont les suivantes:
Les effets a long terme du cannabis serait ils comparables à ceux de certains aliments lorsque utilisés à la même fréquence?
Et existe t'il certains espacements entre les consomation qui rendrait son usage pas plus inofansif que la consomation de l'un ou l'autre aliment, l'une ou l'autre friandise, l'une ou l'autre chose faisant partie de notre quotidien?
(Tout ca en imaginant une consomation sans tabac)

17. Le mardi 27 juin 2006 à 18:35, par Jean Zin

D'abord, je ne prétends pas savoir la vérité, simplement essayer de la dire mais cela ne veut pas dire que j'y serais arrivé !

Il est vrai que consommer toujours la même chose est dangereux : alors que le brocoli est le meilleur des anti-oxydants, manger du choux tous les jours finit par donner un goitre en bloquant l'absorption de l'iode. Je ne pense pas pourtant qu'on puisse comparer ceci à une consommation quotidienne qui ne vise pas à se nourrir. L'huile de chanvre est une des meilleures huiles bien qu'elle s'oxyde rapidement, mais l'utilisation du cannabis visant la modification de l'humeur c'est aux autres drogues qu'elle doit être (avantageusement) comparée. Ce qui est pareil que la nourriture, c'est que la diversité, la respiration sont toujours profitables et réduisent les perturbations.

Il est impossible de se prononcer sur le caractère inoffensif qui dépend des gens et de nombreux paramètres. Il semble bien que les problèmes n'apparaissent qu'avec une consommation quotidienne et donc faire des pauses ne peut qu'être bénéfique si on le peut encore. Les risques sont minimes pour une utilisation occasionnelle même si on ne peut dire qu'ils sont inexistants. Il n'y a pas de risque zéro mais le risque augmente avec la dose, voilà tout ce qu'on peut dire, même si les risques sont moindres qu'ailleurs. Et pour ce que j'en sais...

18. Le mercredi 28 juin 2006 à 20:03, par matt

bonjour,
je souhaite vous faire part de mon experience personnelle:
je crois que l'on ne peut arreter de fumer que lorsqu'on a compris pourquoi l'on fume.
j'ai arreté il ya trois mois environ du jour au lendemain alors que je fumais depuis plus de dix ans du tabac et de l'herbe tous les jours.pourquoi? simplement parceque ça m'est apparu comme la chose la plus evidente a faire dans l'evolution de ma vie.
l'herbe, quoi qu'on en dise, nous sert a "lisser" nos etats d'ame, a enfouir les petits desagrements quotidiens et comme il est dit dans l'article de jean zin, diminue notre capacité a affronter les difficultés. c'est parceque j'en avais marre de subir avec difficulté des evenements qui me paraissaient anodins avec du recul que j'ai decidé d'arreter. c'est aussi parceque je souhaite nourrir ma progression intellectuelle et spirituelle avec une pleine conscience des evenements de ma vie (je ne parle pas de religion, sauf si l'amour de la vie en est une...). dans ce domaine d'ailleurs le tabac et l'herbe sont egaux.
j'ai arreté lorsque j'ai compris que je fumais parceque j'avais peur d'affronter la vie de bon coeur et je ne le regrette pas, ça ne me manque pas et je suis beaucoup plus serein.
mon experience est unique puisque c'est la mienne et je ne saurais la conseiller a quiconque, je crois sincerement en la liberté. nous sommes libres de nous remettre en question.
matthieu

19. Le mercredi 28 juin 2006 à 21:07, par Jean Zin

Témoignage respectable comme tout témoignage sur lequel il n'y a rien à redire mais à celui qui ne voit que le positif je pointe le négatif et à celui qui ne voit que le négatif, je maintiens le positif. Fumer de l'herbe peut apporter beaucoup, pas seulement des ennuis, c'est toute la difficulté. La lucidité est de pouvoir en évaluer les avantages et les inconvénients.

Il n'y a pas de normalité ni même de nature humaine originelle encore moins harmonieuse. La pensée qui saisit le corps par le langage est dysharmonie de l'être, séparation, opposition, négativité, norme... Cela n'empêche pas qu'on peut vouloir réduire des dysfonctionnements du corps. Il y a toute une profondeur spirituelle à prendre en compte au-delà du biologique qui a sa place mais n'a pas toute la place, le monde de l'esprit a autant d'importance pour nous et notre vie sociale.

Nous sommes libres, c'est certain, mais notre liberté est tout de même très limitée et contrainte par de nombreuses déterminations (en premier lieu l'état de santé), de même que notre savoir est très réduit et plein des préjugés du temps. En tout cas nous sommes tous différents, dans nos corps et notre esprit, et pourtant si semblables dans nos faiblesses et dans nos tentatives pour donner sens à notre existence et corps à nos rêves. Le sens n'est pas donné d'avance et l'amour de la vie n'est pas sans conditions (ou il tombe à l'abject). On ne devrait donc pas être si catégorique alors qu'on est sur un fil qu'on passe son temps à perdre...

La seule chose qu'on peut faire c'est essayer de dire la vérité, en sachant qu'on la dit à travers le prisme déformant de notre petite situation singulière, en dire assez pour que cela fasse sens pour d'autres, qu'ils s'en emparent et en tirent profit jusqu'à tant qu'on fasse mieux, car il faut faire mieux, bien sûr, la question est loin d'être résolue qui se pose à chacun inévitablement et dont la réponse peut changer selon les personnes et les moments.

Ce sont des subtilités qui ne passent pas la rampe sans doute, la complexité est rétive au grand nombre, du moins dans la communication immédiate. C'est seulement à plus long terme que les pensées éprouvées peuvent intègrer le sens commun. Cela ne doit pas empêcher d'essayer de maintenir la juste complexité des choses et leur caractère contradictoire.

20. Le mardi 4 juillet 2006 à 14:27, par Franck

Je m'arrête en pleine lecture pour modifier une donnée: Bob Marley n'est pas mort d'un cancer du pied comme dit dans l'article mais d'un mélanome (cancer de la peau) détecté lorsque Bob Marley s'est blessé en faisant du foot. Le père de Bob Marley était un colon anglais (blanc) et d'une mère jamaicaine et le mélanome est un cancer contracté principalement par les blancs. C'est le fait que son père soit blanc qui a facilité la contraction de ce cancer par Monsieur Bob Marley. A plus tard peut-être si l'article me donne l'occasion de m'exprimer à nouveau!!!

21. Le mardi 4 juillet 2006 à 16:46, par Franck

J'ai 21 ans et cela fait 6 ans que je fume du cannabis.
Au début je fumais pour la convivialité comme beaucoup...je me suis aperçu que cela décuplait certaines facultés, et certains sens, l'ouie par exemple : il m'était possible de me concentrer sur un son ou un instrument d'une musique en oubliant partiellement les autres qui l'accompagnaient. Mon sens du toucher aussi: j'étais beaucoup plus sensible, je pouvais sentir la fumée de ma cigarette courir sur ma main et remonter jusqu'à mon coude (j'utilise le terme « pouvoir » mais je ne contrôlais pas cette sensation, je sentais la fumée c'est tout !).
J'ai aussi constaté que ma créativité se déliait, je n'étais plus enfermé dans des idées préconçues. J'utilisais une base de pensées bien évidemment, mais je pouvais très rapidement m'en détacher et partir dans des créations (dessins, construction d'objet, écriture…), et des réflexions très poussées dans lesquelles je remettais en cause des choses anodines comme des systèmes complexes de relations entre les hommes…(en tout cas, à l'époque ils me semblaient complexes…maintenant je les aient compris)
Alors, ce qui me permettait de faire la fête avec mes amis et d'appartenir à un groupe social est devenu un outil de développement personnel : j'avais là un objectif à atteindre par ce moyen : celui de développer ma créativité et mon ouverture d'esprit.
Et cela était facile au début, puisque le cannabis me donnait une grande confiance en moi donc me permettait de m'exprimer librement et de récolter objectivement les informations données lors d'échanges d'idées.
(je crois que j'utilise souvent les termes «me permettait » : ce qui prouve que je maîtrisais (ou croyais maîtriser je sais pas) le pourquoi de mon usage de cannabis)
Puis la consommation augmente, si l'on n'a pas d'objectif et si l'on ne se pose pas la question du pourquoi l'on fume ?)
Ce qui est important c'est POURQUOI, POUR QUEL OBJECTIF…
Je ne parlerais pas de la pipe à eau, bang, guebiche (appelez le comme vous voulez) car cela est une drogue dure du fait de la grande quantité de cannabis absorbée en une bouffée et de la régularité des prises, puisqu'il est très rapidement indispensable d'avoir cet grand afflux de fumée dans le corps et la libéralisation d'une grande quantité de THC dans le cerveau pour pouvoir être simplement bien (c'est la particularité des drogues dures avec le fait qu'il faille augmenter la quantité fréquemment).

De plus, comme dit dans l'article le cannabis peut apporter des solutions à certaines maladies, tout du moins à la souffrance qu'elles apportent, j'ai la chance de ne pas avoir eu de maladie grave, mais j'ai pu constater que la douleur d'un mal de tête ou la sensation de brûlure d'un zona (éruption de boutons et de plaques sur la ceinture abdominale dues au stress et à la fatigue) est largement plus supportable après avoir fumé.

Ensuite est arrivée sur le marché français la beuh hollandaise, beuh croisées entre elles, beuh soupoudrées de médicaments pilés ou de cocaïne, concentrées en THC, qui poussent à grande échelle là bas et avec une floraison très rapide. C'est à ce moment là, avec la consommation de ses beuh que certaines difficultés me sont apparues, un effet bien connu : le repli sur soi (heureusement j'ai su réagir en conséquent). Ce repli sur soi se fait tout d'abord par la réduction de son entourage, on se sent bien qu'avec des gens similaires, puis très vite la communication est plus difficile, pas seulement qu'on bafouille, qu'on butte sur des mots, mais on ne parle simplement plus, on ne peut plus s'exprimer lorsque l'on est sous effet, pour d'autres c'est simplement qu'ils ne veulent plus parler, mais cela prouve tout de même un problème même si c'est leur volonté !
Bien évidemment l'entourage se réduit encore puisque l'on ne leur parle plus. Lorsque la communication est rompue, il faut réagir très vite et diminuer sa consommation.

Pour ma part, cela ne m'a en rien empêché de faire des études, d'avoir mon bac et mon BTS, et de continuer en licence, d'avoir une vie sociale satisfaisante et des envies et ambitions pour l'avenir. Mais je ne devais pas avoir de prédispositions à caractère schizophréniques, ni de fragilité psychique ou de troubles dus à mon enfance, donc cette expérience reste très bénéfique puisqu'elle m'a permis d'atteindre mes objectifs (créativité et ouverture d'esprit).

Il est vrai par contre que la consommation de cannabis en voiture ou sous effet est dangereux, il m'est arrivé plus d'une fois de rester fixer sur un détail et d'avoir un moment plus ou moins long d'inattention qui aurait pu m'être fatal.

Alors, comme pour TOUT DANS LA VIE (et le cannabis me l'a fait comprendre, j'ai vu certaines personnes de mon entourage mal finir ne l'ayant pas comprit…) le mot d'ordre est la MODERATION.

PS : Je conseille de lire le livre FLASH de CHARLES DUCHAUSSOIS, un jeune français dans les années 70 qui part pour un voyage à travers le monde pour le découvrir, qui tombe dans la drogue progressivement et qui est sauvé in extremis, raconte son périple et ses sensations face aux différentes drogues qu'il a essayées.

Franck

22. Le mercredi 5 juillet 2006 à 11:14, par Jean Zin

Merci pour ce témoignage, même si on ne ressent pas tous les mêmes expériences tout-à-fait de la même façon, il y a beaucoup de vrai, notamment la nécessité d'être conscient de ses objectifs, d'en faire quelque chose. Je voulais juste compléter par une petite remarque : la formulation d'une nécessaire modération est un peu maladroite car l'excès est aussi nécessaire. Rester toujours dans une médiocrité où il ne se passe rien n'est pas désirable même si trop d'excès nuit. C'est donc un peu plus compliqué. La bonne formule n'est pas "jamais trop" mais "jamais trop de trop", si on saisit la nuance...

23. Le mercredi 5 juillet 2006 à 13:56, par Franck

Evidemment que l'excès est nécessaire, c'est ce qui permet de déterminer sa modération, il faut trouver les limites pour en déduire le juste milieu. Par contre une médiocrité où il ne se passe rien est un excès pour moi, qui arrive lorsque l'on a un trop grand besoin de sécurité mais si cela est un besoin pour certain c'est que leur modération se trouve à ce stade. Chacun se modération par rapport à ses besoins et ses envies..
donc d'accord pour la formule "jamais trop de trop"

24. Le vendredi 7 juillet 2006 à 14:46, par el Ronchon

Bravo pour cette présentation raffinée des risques liés à la consommation de cannabis. L'étude en pièce jointe est bien appréciable.
Je vais faire une petite page de pub.

25. Le dimanche 9 juillet 2006 à 09:56, par Jean Zin

Pour "l'étude en pièce jointe" (candidoses chroniques) qui est un rapport parlementaire canadien qui date de 2002, il ne faut pas tout prendre pour argent comptant. A noter, entre autres, que le Dr Donald Tashkin qui était l'un de ceux qui pensaient que fumer de l'herbe provoque des cancers du poumons est revenu sur ses conclusions après l'étude épidémiologique citée plus haut et qui démontre le contraire. Par ailleurs, le rôle des récepteurs cannabinoïdes comme limiteurs de stress (des signaux répétitifs) n'a été découvert que récemment (fin 2004) :
perso.wanadoo.fr/marxiens...

26. Le samedi 29 juillet 2006 à 04:24, par sébastien

le pot c'est peut-être bien agréable et possède beaucoup de vertus je vous l'accorde. J'ai 21 ans et je fume depuis que j,ai 14-15 ans.
Mais j'ai arrêté depuis 4 jours et croyez mois le sevrage est terrible et assez pour m'apercevoir que c'est de la vraie merde.



09/07/2007
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