"FAT JEWELS", le fils qui n'a pu aller au bout de ses rêves.

HORMONES, THS et CANCERS FÉMININS

- HORMONES, THS

et
CANCERS FEMININS -


Promotion abusive et risques occultés des traitements substitutifs hormonaux
7 questions au Pr Henri Joyeux (interview réalisée par Céline Andrillon à propos de son livre "Femmes, Si vous Saviez" :  écrit en réponse à
83 questions du collectif des femmes "hormones- menopause- osteoporose"
qui réclame un débat de fond sur les relations cancer / prises d'hormones. 

Le Professeur Henri Joyeux, chirurgien des Hôpitaux, est professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier. Il enseigne la cancérologie, la chirurgie digestive et la nutrition. Il a dirigé le Laboratoire de Nutrition et Cancéologie expérimentale de l'Institut du Cancer de Montpellier de 1980 à 1992. Il a créé un service de chirurgie à l'Institut Curie à Paris de 1992 à 1995. Il est actuellement à l'Institut du Cancer de Montpellier, le Centre Val d'Aurelle. 



Des relations existent-elles, oui ou non, entre la consommation d'hormones par les femmes non malades et l'augmentation considérable chaque année du nombre de nouveaux cas de cancer du sein en France ? Ce cancer est devenu un véritable fléau social dans les pays hyper-développés, puisque tous les ans en France on compte malheureusement 35 000 nouveaux cas [NDLR: 70000 en 1975, 35000 en 1998], dont 50% sont des femmes jeunes atteintes avant l'âge de la ménopause

Beaucoup de spécialistes ont peur d'aborder un tel sujet face au public et les médias sont gênés pour enquêter. Le Pr Joyeux n'est pas de ceux-là. Il nous rappelle que les laboratoires font croire aux femmes qu'elles ont besoin, autour de l'âge de la ménopause, de ce fameux THS. C'est abusif et cela peut être dangereux.


Vous dites "Mes arguments gênent parce qu'ils sont scientifiques, c'est-à-dire vérifiables". Expliquez nous cela ? 

Certains journalistes médicaux ont fait croire que j'avais dit que "c'était criminel de prescrire des hormones à la ménopause et que les laboratoires étaient malfaisants". 
La caricature est toujours destinée à ridiculiser. C'est une grosse ficelle du métier de journaliste. Mais les femmes sont plus futées qu'ils ne pensent. Beaucoup sentent qu'on les trompe et qu'on exploite leur crédulité. C'est tellement facile d'interviewer quelques jolies femmes, de leur faire dire au micro qu'elles sont ravies de leur traitement et que leur vie est tellement plus belle depuis qu'elles le prennent. La valeur scientifique de ces "micros trottoirs" est nulle, leur valeur marketing en revanche peut être énorme. Rien n'est laissé au hasard. Les femmes s'en doutent. 


Vous dites que les médias occultent les RISQUES des THS (traitements substitutifs hormonaux) ?

Même si la presse aime les polémiques, elle fait attention à rester "médicalement correcte". Il y a en effet autour de cette question beaucoup de business. Et de nombreux journaux feminins, magazines de toute sorte à grand tirage, sont indirectement soutenus par des publicités dont ils ne peuvent se passer simplement pour subsister. Quant aux émissions TV sur les sujets touchant à la menopause, elles sont directement ou plus souvent indirectement sponsorisées par les laboratoires pharmaceutiques (minimum 600 000F l'heure entre 23h et Minuit). Maintenant les laboratoires font attention, car ils sont davantage contrôlés et leurs moyens sont plus limités. Dans la semaine qui suit une émission favorable au THS, des relais journalistiques et radio, bien "huilés", poussent les téléspectatrices à consulter ou à demander le médicament merveilleux qui va résoudre tous leurs problèmes. Tout cela est très astucieusement organisé. Vous n'imaginez pas les laboratoires sponsorisant une émission tendant à prouver que leurs produits sont en cause dans l'augmentation du nombre des cancers du sein ! C'est bien le contraire qui se passe. 

En juin 2000, une enquête du New England Journal of Medicine démontre que les médias vantent trop souvent les nouveaux médicaments et occultent les risques liés aux traitements récents. Près de 50% des journalistes citent un expert ou un scientifique ayant des liens avec les industriels fabriquant le médicament. Ils accréditent l'idée que le médicament est très efficace. 


Vous justifiez les traitements à la menopause. Alors pourquoi ne voulez-vous pas du THS ? : 

Attention, je crois que la ménopause est une période particulière de la vie d'une femme en terme de santé du corps et de l'esprit. Ce tournant doit être bien pris et elle doit y être aidée par des explications précises tout autant que dans la période avant sa puberté. Un nouvel équilibre se met en place. 

Le traitement substitutif hormonal [synthetique: voir plus bas NDLR] peut être justifié chez un petit nombre de femmes réellement carencées en hormones par rapport aux taux normaux à la ménopause. En particulier chez celles qui ont subi l'ablation des ovaires très précocement, par exemple à 30 ou 40 ans. Chez ces femmes, il n'y a aucun doute, un traitement substitutif est absolument nécessaire pendant 10 ou 20 ans, jusqu'à l'âge de la ménopause. Il doit être non seulement régulier, mais en même temps évalué dans son efficacité par l'absence de signes cliniques de déficit hormonal anormal pour l'âge (bouffées de chaleur sécheresse vaginale, ostéoporose précoce, baisse de la libido) et par les 4 taux hormonaux dans le sang en estrogènes, progestérone, FSH et LH.

Le THS a des indications précises à la ménopause. A mon sens, avant de le prescrire, il faut d'abord avoir épuisé les autres conseils et traitements possibles, plus doux, efficaces et moins dangereux. Il est bon de connaître ces alternatives écologiques dès l'âge de 40 ans pour les mettre en application le plus tôt possible.

Les résultats des études américaines (1) sont clairs : le THS augmente nettement le risque de cancer du sein. Les femmes ne le savent pas vraiment. On leur minimise tellement ces risques qu'on leur fait croire que "s'il y a un risque, il est tout petit" et "s'il y a un cancer, il est de bon pronostic.  Ce n'est pas sérieux.
En tant que cancérologue, je suis effrayé par l'augmentation considérable du nombre de nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués, chaque année, en France comme en Europe de l'Ouest ou aux Etats-Unis. Et il y a aussi de plus en plus de cas de cancers hormonodependants de l'utérus et d'autres encore inexpliqués.
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(1) [NDLR: Etude de l'Institut national du Cancer à Rockville (Maryland) 26/1/00 in JAMA, sur 10 ans et 46355 femmes menopausées] 


Vous reliez donc directement une grande partie de l'augmentation du nombre de cas de cancer du sein aux traitements hormonaux de la ménopause... alors que beaucoup de cancérologues disent ne pas connaître les CAUSES DU CANCER DU SEIN

Les traitements hormonaux de la menopause ne sont pas seuls en cause. Il est essentiel de ne pas l'oublier. Quant aux collègues qui disent ne pas connaître les causes des cancers du sein, ils m'étonnent. Peut-être ne sont-ils pas au courant des progrès de la recherche actuelle, ou n'ont-ils pas vu assez de cas pour constater l'évidence... 

Beaucoup n'osent rien dire, ou se renferment dans un silence prudent. Il est en effet "médicalement correct" de dire et de diffuser que nous ne connaissons pas encore les causes des cancers du sein. On cherche du côté des aliments, de l'environnement, de la génétique, de la psychologie (très à la mode), mais il est impossible de parler des hormones, de les mettre en cause.
 

PORTRAIT-TYPE DES FEMMES A RISQUES 

 - causes genetiques: antecedents familiaux de cancer du sein 
- une premiere grossesse tardive 
- une interruption de grossesse 
- tabagisme actif 
- causes hormonales (sujet de cet article) 
- alimentation trop riche en calories 
(alcool, viandes et graisses animales)
- causes psycho-affectives
source : Famille Chretienne / Dr Cecile Maître / question au Pr. H. Joyeux
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Pourtant tous les cancérologues prescrivent des anti-hormones aux femmes qui ont dans le tissu tumoral des seins des récepteurs hormonaux. Les anti-hormones ont un rôle actif dans le traitement du cancer du sein et préviendraient probablement le cancer du sein ou des récidives quand le cancer a été traité. Mais la plupart de mes collègues parlent du "traitement hormonal du cancer du sein", alors qu'en toute rigueur il s'agit de "traitement anti-hormonal". Seulement, si les femmes le savaient vraiment, elles en déduiraient facilement, et elles auraient raison, que les hormones peuvent être en cause dans l'apparition de nombreux cancers du sein.

Pour la génétique, les résultats des recherches sont clairs: 5 à 8% au maximum des femmes atteintes par ce cancer ont un cancer d'origine génétique, c'est-à-dire héréditaire. Elles sont porteuses d'un des deux gènes spécifiques du cancer du sein dénommés BRCA1 ou BRCA2 (BR pour Breast, CA pour cancer). Cela veut donc dire que 92 à 95% des femmes atteintes de cancers du sein ont un cancer qui n'est pas d'origine génétique. Et certains collègues ne savent toujours pas pourquoi il y a tant de femmes atteintes par le cancer du sein !


Comment démontrez-vous que les HORMONES (SYNTHETIQUES) EN CAUSE sont en cause dans l'apparition du grand nombre de cancers du sein ? 

Le cancer du sein est la principale tumeur féminine, le cancer hormonodépendant par excellence (chez l'homme, c'est celui de la prostate). Après la chirurgie et la radiothérapie, le traitement le plus efficace est constitué d'antihormones, en particulier d'anti-oestrogenes. Même la chimiothérapie a une action antihormonale, puisque donnée avant la ménopause, dans la plupart des cas, elle stoppe le cycle féminin (il y a arrêt des règles). On sait d'ailleurs qu'une chimiothérapie donnée pour un cancer du sein avant 50 ans et qui n'arrête pas les règles risque d'être moins efficace que si elle stoppe le cycle féminin dès la première séquence.

Si les anti-oestrogènes permettent de lutter contre le cancer du sein, c'est que les oestrogenes sont probablement en cause. C'est simple à comprendre, mais difficile à dire aux femmes, car alors elles risquent de penser que les hormones qu'on leur a prescrites sont en cause dans l'apparition de leur cancer. De plus en plus de femmes le savent ou ont des doutes. Il ne faut pas oublier que beaucoup d'entre elles sont inondées d'hormones artificielles dès leur plus jeune âge [NDLR: pilule (2)]. On leur en propose encore à la ménopause et, si possible, longtemps après, avec des arguments forts, pas toujours fondés, nous l'avons vu.

Les derniers résultats des études publiées aux USA (3) démontrent que "les traitements hormonaux de la ménopause augmentent le risque de cancer du sein". Les journalistes ont osé l'annoncer, alors que beaucoup de spécialistes ne le disent pas de peur d'affoler.
Avec le traitement combiné (oestrogene+progestatif), celui qui est utilisé en France, on compte 8% d'augmentation par an du risque de cancer du sein. Et l'on voudrait faire croire que "les traitements hormonaux décrits dans ces études ne sont pas identiques à ceux utilisés aujourd'hui en France" (Le Monde 29/1/00). Les noms des médicaments sont différents, mais les hormones et leur taux sont à peu de choses près les mêmes. Ajoutons que le profil-santé de la population féminine américaine est le même que celui des femmes françaises ! L'augmentation affolante du nombre de nouveaux cas de cancer du sein, de l'uterus est aussi présente aux Etats Unis.

Dire qu'on ne connaît pas les principales causes des cancers du sein est aujourd'hui un indice d'ignorance manifeste.

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(2) " La prise d'oestro-progestatifs augmente de 25% environ l'incidence du cancer du sein. 
Ce risque est augmenté lorsque la prise a débuté avant l'age de 20 ans. Le risque disparait 10 ans apres l'arret de la pilule..
Ils peuvent entrainer une hyperplasie endometriale s'ils sont donnés sur une longue periode" Revue du Praticien avril 2000]
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(3) [NDLR: les etudes en question font ressortir que le risque de cancer du sein 
augmente de 20% chez les femmes traitées depuis au moins 4 ans  par oestrogenes par rapport à celles qui ne sont pas traitées 
et de 40% par rapport à celles prenant un traitement combiné oestrogene-prosgestatif]
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En réalité, le débat ne se limite pas à la Menopause : j'ai entendu, sur les ondes, une gynécologue dire, suite à vos écrits, que les femmes étaient INONDEES d'HORMONES lors de la grossesse ... Et le cancer du sein pendant la grossesse ? 

Oui, j'ai son interview intégrale où elle dit même textuellement : 

"L'espérance de vie des femmes était meilleure lorsqu'elles prenaient la pilule que lorsqu'elles étaient enceintes tous les ans, et quand elles sont enceintes tous les ans, elles sont aussi inondées d'hormones, mais ça on oublie souvent de le dire." [NDLR: mauvaise foi ou promotion des hormones synthetiques ?] 
Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Ce genre de discours est "médicalement correct", mais scientifiquement faux, car les hormones de la grossesse sont naturelles, fabriquées par les ovaires de la mère, puis par le placenta qui sépare la mère de l'embryon.
Rappelons à ceux qui finissent par penser ainsi, que les hormones de la grossesse permettent le développement au moins d'une vie nouvelle, dans l'utérus maternel, parfois de plusieurs s'il y a des jumeaux, des triplés...
 
HORMONES NATURELLES ET SYNTHETIQUES
Hormones naturelles : elles sont fabriquées par le corps à partir de matériaux apportés par l'alimentation. Les phyto-hormones (vegetales) identifiables par l'organisme aux hormones naturelles peuvent jouer un rôle régulateur homeopathique. 

Hormones synthetiques : THS (traitement hormonal substitutif), pilule contraceptive (pour bloquer l'ovulation); pilule pour homme (au point mais refusée par le marketing), projet de pilule de confort, supprimant artificiellement les regles, hormones apportées par la pollution alimentaire ou environnementale (pesticides, detergents, etc). 



ARRETER SON THS ? : Progressivement de façon à ne pas voir réapparaitre les desagrements de la menopause (bouffées de chaleur, etc..). 
Cet encadré ne fait pas partie de l'interview de Celine Andrillon, mais s'inspire d'autres dires du Pr. Henri Joyeux

Pourquoi la médecine n'aiderait-elle pas la femme à repérer ses jours de fécondité ? : PILULE ET HOMMES

Les hommes sont féconds 24h/24 et 30j/30. Allez leur proposer de consommer quotidiennement un contraceptif hormonal. Vous pensez qu'il y aura beaucoup de candidats ?
La pilule pour homme, les chercheurs y ont pensé, ils l'ont même mise au point, mais les spécialistes du marketing les ont découragés. Les hommes préfèrent que les femmes prennent en main la fécondité du couple... Ils font confiance aux femmes... à moins que les femmes ne fassent pas confiance aux hommes : un sujet qui mérite débat.



06/04/2007
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